Il y a comme une odeur de sang et le peuple aime ça depuis l'antiquité. Panem et circenses. « Pain et jeux du cirque ». La mise à mort. Ou la grâce si le guerrier s'est montré valeureux.

Le record d'affluence qui n'est pas vraiment le terme approprié pour qualifier le public du stade Abbé-Deschamps, était déjà battu jeudi matin. 7 000 puis 8 000 le soir. Combien seront-ils sur le coup de 20 heures, vendredi ?

Curieux cet engouement, cet empressement pour venir au match alors qu'ils sont à peine 4 000 le plus souvent.

Engouement ? Supporters ? Ce n'est pas le cas des adhérents de l'Union pour l'Auxerrois, l'association politique pour l'agglomération du député Guillaume Larrivé qui a choisi de tenir son assemblée générale prévue ce soir au Club Vert jusqu'à 20h30.

Le maire d'Auxerre Guy Férez a jeté l'éponge de longue date comme le président du conseil départemental André Villiers authentique footeux trop déçu par le jeu produit par Auxerre cette saison et celle d'avant, ne seront pas présents non plus et pour cause.

Quant à Guy Roux, il ne va plus aux matches parce que son coeur ne supporte plus le stress répété. Il n'assiste plus qu'aux matches de coupe. Il était à Fréjus pour le dernier en date.

 

L'opération Pack

 

Alors pourquoi une telle affluence programmée ? Est-ce l'opération pack " Les 4 derniers matchs de la saison à partir de 10€ ! TOUS ENSEMBLE, #UnisPourLeMaintien ! "  décidée par le club ?

Dans l'affirmative, que ne l'ont-ils entreprise avant.

Il est une autre explication qui fait partie du drame, au sens premier. Le drame qui va se jouer sur la pelouse entre deux équipes dont l'une met en jeu sa survie et l'autre, un promu, une place sur le podium.

Oui, du sang, des larmes, ... de joie peut-être à l'issue de cette pièce de théâtre de gestes. Mais pour qui ? Qui va mordre la poussière ? L'AJA va-t-elle retarder l'échéance, mettre un terme au cycle disert de ce qui est devenu une infirmité, l'impuissance ? À emmener le petit au bout ... le ballon au fond des filets.

Les spectateurs viennent-ils en supporters ou en observateurs d'un spectacle tragique ?

Ça sent en tout cas le souffre.

 

Les joueurs, seuls ...

 

Dans un club anémié par trois années de purges et d'opérations sauvetage répétées avec des acteurs toujours différents, où l'ordinaire est réduit aux acquets sans communauté, on se demande depuis longtemps après avoir fait toutes les analyses, qu'est-ce qui peut amener l'équipe à se surpasser, cette équipe de l'AJA, à sauver sa peau en Ligue 2 ?

Ces jeunes qui tardent, ces prêtés en janvier rendus en juin, ces vieux briscards qui jouent les prolongations, ces pépites qui s'ignorent encore, sont les vrais acteurs du destin de l'AJA. Ils portent le maillot mythique d'un club qui fut parmi les grands d'Europe. Serait-il trop grand ou trop lourd pour eux au point de les inhiber ? Ou bien ne connaissent-ils pas l'histoire, celle des Klose, Schaer, Hallet, Szeja, Mésonès, Ferreri, Bats, Martini, Janas, Boli, Cantona, Dutuel, Scifo, Coquart, Vahirua, Sylvestre, Baticle, Laslande ... et on pourrait continuer sans fin à énumérer les noms dont le seul prononcé ouvre la boîte à images quand ce n'est pas le film de telle ou telle action qui se déclenche. La boîte à Pandore. Quand tout s'est envolé, demeure, tout au fond, l'espérance.

Messieurs les mercenaires et jeunes pousses gens du voyage en quête de piges, qu'on laisse partir car il faut aussi effacer, chaque année, le déficit pour passer l'examen du gendarme financier, vous êtes les seuls qui pouvez quelque chose et les seuls responsables des deux chiffres inscrits au tableau d'affichage à la fin du match.

La précarité, ça marche parfois.

 

Enterrés avant l'heure

 

Il n'y a que vous. Seuls. Qui pouvez décider d'être une équipe, solidaire dans le sens où chacun répare aussitôt la bêtise d'un coéquipier, seuls à pouvoir réaliser votre projet, avec ruse en envie et l'espièglerie contagieuse de gamins dans une cour de récréation.

Ne comptez pas sur le public. Comptez sur vous pour compter pour lui.

Beaucoup vous disent moribonds et vous ont déjà enterrés comme des marionnettes désarticulées.

Il existe des morts vivants qui ont de la ressource et peuvent surprendre, à l'image de Thomas Monconduit, formé à l'AJA dont le contrat ne fut pas renouvelé car il était en délicatesse avec une blessure. Le voici aujourd'hui, deux ans après, revenu au premier plan. Il est le capitaine d'Amiens un promu qui a le plaisir de pouvoir jouer une place sur le podium. Place dont rêve Auxerre depuis trop longtemps.

 

Pierre-Jules GAYE

 

 

Goujon et Ayé sortent , Sangaré de retour devant

 

Groupe AJA : Lenogue, Boucher, Sparagna, Tacalfred, Traoré, Aguilar, Sané, Touré, Konaté, Mathis, Sangaré, Obraniak, Ba, Fumu Tamuzo, Courtet, Yattara

 

 

 

Cédric Daury : Être présent, mettre de l'engagement