Rien n'est joué pour l'avenir du collège Bienvenu-Martin à Auxerre, en dépit des soutiens et oppositions à sa fermeture envisagée (DR)

 

Sont sur la selette en raison d'effectifs relativement maigres : les collèges de Puisaye (St Fargeau, Saint-Sauveru, Bléneau regroupé en un), Charny, Ancy-le-France et Brienon.  Mais ces collèges sont essentiels au maintien du tissu rural.

Le député LR d'Auxerre-Puisaye Guillaume Larrivé n'était pas présent à la réunion du conseil municipal d'Auxerre le jeudi 11 février - dont il est le leader de l'opposition - qui a débouché sur un voeu contre le projet de fermeture du collège Bienvenu-Martin à Auxerre.

Remettons les choses dans l'ordre.
Le député d'Auxerre-Puisaye se prononce donc avec fermeté  (comme on pourra le constater en lisant sa lettre aux autorités) contre le projet de fermeture du collège Bienvenu-Martin à Auxerre.

Il rejoint donc son colistier centriste MoDem Patrick Tuphé ainsi que la majorité municipale qui a adopté le voeu refusant la fermeture du collège en question
Guillaume Larrivé souhaite aussi une étude projective sur l'avenir des effectifs et des écoles d'Auxerre.

Pour l'information complète de nos lecteurs, voici la lettre adressée par le député de la circonscription Auxerre-Puisaye.

 

______________________________________________________________________________

 

"Madame l’inspectrice d’académie,
Monsieur le président du conseil départemental,
Monsieur le maire d’Auxerre,

"La situation du collège Bienvenu-Martin, à Auxerre, fait l’objet d’un débat public assez désordonné, depuis quelques semaines. Parallèlement, le maire d’Auxerre a annoncé son intention de procéder, en 2017, à la fermeture de l’école Martineau-des-Chesnez et de l’école du Temple, au centre-ville d’Auxerre.

Avant de m’exprimer publiquement, j’ai tenu à entendre les préoccupations des différents acteurs locaux impliqués.

Permettez-moi, dès lors, comme député d’Auxerre et de l’Auxerrois, de vous faire part de deux réflexions.

Il me semble souhaitable, d’une part, qu’un groupe de travail ad hoc puisse réfléchir, dans la durée, à l’avenir de l’ensemble des collèges et des écoles de l’Auxerrois.

Quels sont les objectifs d’intérêt général ? Quelles sont les contraintes (compte tenu, notamment, de la diminution des dotations gouvernementales versées au conseil départemental et à la ville, mais aussi de la situation démographique très préoccupante de la capitale départementale) ? Quelles sont les options possibles ?

Ces questions doivent faire l’objet d’une réflexion rationnelle, transparente et apaisée, réellement partagée par les différents acteurs : l’autorité académique, les collectivités territoriales finançant l’immobilier, les enseignants, les parents d’élèves.

Les décisions annuelles prises par les autorités compétentes gagneraient à être éclairées, me semble-t-il, par une réflexion plus large, pluriannuelle, anticipant les enjeux. C’est pourquoi la préparation d’un Livre blanc des écoles et des collèges de l’Auxerrois serait très utile. Sans doute pourrait-on étendre cette réflexion aux lycées, en liaison avec le conseil régional.

D’autre part, pour ce qui est du collège Bienvenu-Martin, il me paraît nécessaire de préserver, aujourd’hui, sa spécificité. C’est désormais le seul collège de l’Auxerrois, avec les écoles environnantes, à être inclus dans le dispositif de l’éducation prioritaire (compte tenu de la décision, prise par la ministre de l’éducation nationale en 2014, de retirer du périmètre des ZEP le collège Paul-Bert ainsi que les écoles des Mignottes et Rive droite).

Je mesure l’importance du collège Bienvenu-Martin pour l’avenir de notre territoire. Les 360 élèves de ce collège – venus des Hauts d’Auxerre mais aussi des communes périurbaines de Gurgy, Lindry, Gy l’Evêque et Vallan – y sont accueillis dans d’excellentes conditions. L’équipe pédagogique est particulièrement motivée, autour d’un vrai projet éducatif. A l’heure où des pressions communautaristes et des tensions identitaires se manifestent, le collège Bienvenu-Martin est, plus que jamais, un lieu d’émancipation républicaine qu’il convient de conforter.

Je ne comprendrais pas qu’il puisse être décidé de procéder aujourd’hui à sa fermeture.

"Restant à votre disposition, je vous prie de croire, Madame l’inspectrice d’académie, Monsieur le président du conseil départemental, Monsieur le maire, à l’assurance de mes sentiments dévoués et républicains."



Guillaume Larrivé
Député de l'Yonne

_________________________________________________

Jean-Baptiste Bienvenu-Martin

est né à Saint-Bris

 

 

Jean-Baptiste Bienvenu-Martin est un homme politique français membre du Parti républicain, radical et radical-socialiste, né le 22 juillet 1847 à Saint-Bris-le-Vineux (Yonne) et décédé le 10 décembre 1943 à Saint-Bris-le-Vineux.

Avocat de 1871 à 1877, il commence ensuite une carrière dans l'administration préfectorale. Conseiller de préfecture dans l'Yonne en 1878, il devient secrétaire général de la préfecture en 1879, puis sous-préfet de Sens en 1885. En 1886, il devient maître des requêtes au Conseil d'État.

Il termine sa carrière administrative comme directeur au ministère des Colonies de 1894 à 1897. Il commence alors une carrière politique dans l'Yonne en étant élu conseiller général en battant Paul Doumer. En 1896, ce dernier est nommé gouverneur général de l'Indochine, et laisse son poste de député ; Bienvenu-Martin lui succède alors. Parlementaire très actif et très en vue, il est à la tête la commission des Cultes, ainsi que le nouveau groupe de la Gauche radicale, créé en 1904.

Il est ministre de l'Instruction Publique, des Beaux-Arts et des Cultes sous les gouvernements Rouvier II et Rouvier III, au moment du vote de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905.

Élu au Sénat en 1905, Il devient président de la commission des Finances de 1911 à 1913. Il entre à nouveau au gouvernement comme ministre de la Justice, puis comme ministre du Travail. En 1921, il est vice-président du Sénat. De 1924 à 1940, il est président du groupe de la Gauche démocratique.