Mercredi soir, en fin de réunion du conseil municipal d'Auxerre, Olivier Bourgeois élu de la liste Auxerre écologie, a mis en cause l'accès à l'information des élus, la transmission tardive de gros dossiers à digérer en deux jours, la non réalisation des objectifs en matière de restauration scolaire, notamment dans les circuits-courts. Il a aussi mis en cause le mode de financement du chantier du bassin d'orage en bas du boulevard de la Chaînette.

Le conseiller municipal de la majorité, a en conséquence voté contre les rectifications modificatives du budget. Avant d'être pris d'assault à la sortie du conseil par des colistiers avec lesquels le ton est monté au pied du perron de l'Hôtel de Ville devant les badauds.

AUXERRE TV a voulu en savoir plus sur ces différends et prises de position.

Non pas tant le cas d'espèce, mais en ce qu'il symbolise et traduit les difficultés de la vie démocratique et le non renouvellement des usages et modes de fonctionnement. Cela pose aussi le fonctionnement démocratique au sein d'un seul parti.

La démocratie est malade y compris la démocratie participative qui serait une utopie. La crise de la représentation politique est alimentée par les pesanteurs culturelles et les blocages à tous les niveaux.

C'est la-dessus qu'il convient sans doute de réfléchir et d'approfondir car c'est aussi à cause de cette réalité, que des partis extémistes prônant le clivage et le rejet, prospèrent au-delà du raisonnable.

La démocratie, explique Pierre Rosanvallon dans son livre la Légitimité démocratique, est par définition le régime qui donne le pouvoir à la généralité sociale. Mais cette généralité est de plus en plus difficile à formuler : les sociétés contemporaines se comprennent de plus en plus à partir de la notion de minorité. Alors que la démocratie moderne s’est construite en rêvant l’unité du peuple, le fait minoritaire s’impose de plus en plus comme essentiel dans l’horizon d'une bonne représentation. Comment construire cette nouvelle représentation ? 

La légitimité de proximité traduit le besoin nouveau de la prise en compte du particulier et de la construction d’un lien de confiance entre les citoyens et les institutions. 

Pierre Rosanvallon considère même qu’il y a une véritable urgence à développer des formes de démocratie permanente, et à ne pas se contenter d'une démocratie intermittente, sur l’ancienne équation «légitimité = élection». Comment ? En repensant la qualité du lien entre gouvernants et gouvernés : contraintes de publicité, plein exercice de la responsabilité avec des comptes à rendre, exigences de délibération, mais aussi consultation plus fréquente : primaires, place du référendum, nouvelles formes de délibération comme les jurys citoyens ...

« C’est par la démultiplication des formes d’expression des citoyens que l’on répondra à la crise de la représentation »

 

Olivier Bourgeois conseiller de base, a pris la parole en conseil municipal, mercredi soir (DR)