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samedi 27 juillet 2013

"Malentendus" au Biarritz

Un super "Garçon la Note" au Biarritz, place des Cordeliers, avec un groupe pour la première fois à Auxerre, "Les Malentendus"

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samedi 15 juin 2013

Le swing Auguste, trois ans

C'est mieux que Tiger Woods au même âge .... mais cela ne préjuge pas de l'avenir. Simplement, c'est beau à regarder, le swing d'Auguste Le Coniat, un Auxerrois

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mercredi 05 juin 2013

Le golf ou le swing universel

Vous pensiez que le golf était un jeu ou un sport ? Erreur, c’est une façon de participer à l’harmonie et à la beauté du monde. Une plongée spirituelle et métaphysique dans la cosmogonie universelle

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mercredi 11 avril 2012

Bubba le golfeur à nul autre pareil

L'Américain Bubba Watson a remporté le Masters, épreuve prestigieuse à Augusta comptant pour le Grand Chelem

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mercredi 04 avril 2012

Le golf veut fait son trou en Auxerrois

En Bourgogne, Auxerre reste la seule grande ville à n'offrir aucune structure aux amateurs de golf, alors que l'Yonne compte quelques 1.500 licenciés. Deux projets privés devraient bientôt sortir de terre à Monéteau et à Auxerre

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jeudi 08 mars 2007

Le golf ou le swing universel

Vous pensiez que le golf était un jeu ou un sport ? Erreur, c’est une façon de participer à l’harmonie et à la beauté du monde. Une plongée spirituelle et métaphysique dans la cosmogonie universelle

J’ai eu la chance de naître dans un pays pauvre, non loin du mur d’Hadrien, au pays des Hauts-de-Hurlevent, des landes de bruyère, des lacs et des links, bandes de terrain étroites qui relient le sable touchant la mer aux premières terres cultivables. Ici, la beauté n’a pas de parure, elle est sans artifice. Mon grand-père m’a élevé sans parler. Il m’a fait découvrir les odeurs subtiles de l’iode et de l’ozone, comme il disait, ainsi que les fragrances de l’herbe mouillée et des petites boules de coke dans les houillères. Une parmi d’autres leçons de vie, données sans avoir l’air d’y toucher. Simplicité, dépouillement extrême, minimum de mots et de regards échangés. Et puis il y avait le golf, une activité qui rythmait la vie quotidienne, qu’il pleuve, vente ou fasse soleil. Mon grand-père, marchand de charbon, était handicap 4. Je ne l’ai su qu’àprès sa mort, car le niveau de jeu, le classement comme on dit par ici, ne s’affichaient pas. Tout le monde jouait avec tout le monde, sans hiérarchie sociale ou sportive. On allait au golf en famille. Les enfants, nous jouions le long des fairways, nous tenant toujours derrière les joueurs pour ne pas risquer de prendre une balle décochée à plus de 200 km/h dans la figure. Le jeu de golf consiste en effet à jouer une balle du départ jusque dans le trou en la frappant d’un minimum de coups successifs conformément aux règles. Ces règles sont inscrites dans le livre sacré dont le Royal and Ancient Golf Club de Saint-Andrews en Ecosse est le dépositaire. C’est la référence universelle du sport le plus pratiqué dans le monde. Qu’enseignent ces règles ? Le respect de soi, le respect de l’autre, le respect du parcours et de la nature selon une étiquette absolument stricte.

Du temps, de la patience

Le golf est certes un jeu, un sport, c’est aussi une façon méticuleuse d’ajuster ses gestes et de participer à la beauté du monde, à ses restes de splendeur depuis l’époque des grands glaciers. Cela prend du temps, de la patience, comme toute forme de perfection. On ne sait pas pourquoi un coup est parfait ni comment on a atteint cette perfection. Plus exactement on croit savoir, avoir compris et pouvoir reproduire cette perfection. Et on n’y arrive pas... Alors on n’a de cesse de chercher à retrouver cette sensation d’harmonie, d’unité avec le monde, comme un instant de grâce, d’éternité je veux dire où tout est dans tout à l’infini. Le golf est une façon de se reminéraliser, de réparer ses forces spirituelles et de faire le plein d’énergie. C’est aussi, à travers le respect des règles et du rituel, une manière de se mettre en ordre et se sentir bien à l’intérieur de soi. Un parcours est un coin de nature, une architecture découverte dans le grand théâtre vert. Il compte en général 18 trous, soit environ 6 kilomètres linéaires, un trou comptant entre 150 et 520 mètres, à accomplir selon la norme appelée le par, en 3, 4 ou 5 coups.

La nef et le sanctuaire

La structure de chaque trou est remarquablement identique. Un plan à quatre niveaux : 1) L’aire de départ, comparable à la nef d’une cathédrale, qui représente le monde physique, le corps. 2) Le fairway (littéralement le bon chemin, le chemin loyal) bien dessiné et tondu, qui représente le choeur, la psyché, l’âme pour les croyants. 3) Au bout du fairway, il y a le green, zone merveilleuse d’herbe soyeuse, tondue à ras, où l’on ose à peine poser le pied tant c’est beau et délicat. Sur le green, on putte, c’est-à-dire qu’on cherche à pousser la balle dans le trou. Le green peut être rapproché du sanctuaire où siège l’esprit. 4) Le trou qui est parfaitement rond, peut être rapproché du tabernacle où reposent les hosties, la divinité pour les croyants. L’idée que l’univers et l’individu présentent un plan identique à quatre niveaux a été l’un des fondements de presque toute la pensée philosophique occidentale jusqu’au XIVè siècle. Ces quatre niveaux, ou mondes, sont représentés dans le temple et la cathédrale gothique, symboles de l’univers et de l’humanité tout autant que système métaphysique et moyen d’instruire les analphabètes.

Ouvrir l’écrin

Un parcours de golf est incontestablement un parcours initiatique dans le temple de la nature. Il ne peut se révéler à la première visite, mais on sait qu’il contient des bijoux dans son écrin. Pour le savoir, il faut ouvrir l’écrin, le regarder, le regarder encore, le détailler, et ce n’est pas encore suffisant, comme une ligne de putt. Il faut le porter, y faire sa main ; s’y habituer comme l’habiter. Autrement dit, il faut du temps. Un parcours peut révéler son charme dès la première visite, mais jamais sa profondeur. Il faut bien des dialogues avec cette terre pour construire une compréhension, une entente, un amour si profond. Tout est question de sensation, de rythme, de degré de conscience, de self contrôle, de confiance, de force mentale, d’harmonie intérieure et de communion avec l’environnement. Sachez que même si vous respectez parfaitement tout le processus, ce n’est pas pour autant que vous réussirez un bon coup... la balle pouvant partir fort et loin, bref, partout sauf là où il le faut, là où vous vouliez l’envoyer. Il faut savoir qu’à un bon niveau de maîtrise, un joueur peut expédier la balle à deux trois mètres de la cible choisie. Que ce soit à 20, 50, 90, 160, 200 ou 240 mètres. Les outils, les cannes, plus ou moins longues et dont la face est plus ou moins ouverte, favorisent la précision.

Le vent sculpte le jeu

En général, on galère au golf, sport ingrat s’il en est car il vous rappelle sans cesse à l’humilité absolue. Un bon coup est une imposture puisque vous êtes à peu près assuré de ne pas pouvoir le reproduire. Bizarrement, lorsqu’il survient d’on ne sait où, il vous procure un tel plaisir que cela seul suffit à votre bonheur pour ne pas abandonner la pratique de ce sport. Le golf est un sport où le joueur qui triche se pénalise lui-même puisqu’il aura d’autant plus de mal à jouer son handicap, c’est-à-dire le niveau qui est supposé être le sien mais qui ne l’est pas puisqu’il a triché. Tricher, dans ces conditions, relève de la plus pure bêtise. Seuls les débutants profanes sont tentés, n’admettant pas leurs bourdes, leurs échecs et plus largement leurs insuffisances. L’intelligence d’un parcours s’appuie sur la compréhension de l’air, de l’eau et de la terre. Le vent étreint le paysage et sculpte le jeu même si tout parait immobile. Pour atteindre le centre, il faut parfois expédier la balle à droite pour qu’elle revienne à gauche en plein dans le mille. Tout est ainsi très relatif et il n’existe pas de vérité.

L’être et le paraître

Il y a des lieux où l’on se sent bien. C’est magique, inexpliquable parfois. On a l’impression d’être en phase et en prise. Ce sont des moments privilégiés. Il en va ainsi pour moi des parcours de golf. Tous sont différents et on y rencontre des gens qu’on n’aurait jamais rencontré autrement. Point besoin de dire qui on est. On prend un départ et on joue. On découvre l’autre au fil du parcours et on l’apprécie pour ce qu’il est vraiment, pas pour son étiquette sociale ni même son niveau de jeu. Il y a des êtres rares, assez exceptionnels, qui ont une vie intérieure riche. Dans ce temple de la nature, j’en ai rencontré parmi d’autres moins exceptionnels. Ils irradient par une attitude, une présence, une qualité d’être à la vie et une profondeur de connaissance. Ils sont là, c’est tout, et cela suffit. Je ne sais si le golf rend meilleur mais je crois bien que oui. C’est une école de la vie, très saine, au grand air. Il y a trois ans, lors d’une compétition, j’ai joué comme sur un nuage. Je tapais dans la balle et elle allait là où il fallait. Tout semblait facile, normal, logique, sans difficulté et presque sans effort. Je n’avais pas besoin de réfléchir ou de ma concentrer sur mon alignement, mon grip ou mon stance. Je jouais naturellement. J’étais calme, conscient de ce qui était en train de se produire, de manière presque extérieure à moi, comme si je n’étais responsable de rien. C’était bon et beau. Mes partenaires, complices, émerveillés, avaient compris ce qui se tramait. Ils faisaient le maximum pour ne pas couper le fil magique qui me reliait à l’univers, aux forces gravitationnelles du cosmos. Ne souriez pas. Je l’ai éprouvé. J’étais en osmose avec le système solaire, le swing universel, et cela me dépassait. Je n’étais pas vraiment acteur, c’est lui qui m’avait happé ; pris dans l’écheveau des forces d’attraction. Ce jour là, moi, petit joueur de canton, j’ai joué 8 au-dessus du par, soit 80 coups, sur un 18 trous réputé difficille. Sur un parcours, les initiés repèrent ceux qui ont été touchés par cette grâce. Ils sont différents des autres. Il émane d’eux quelque chose d’indéfinissable. Ils continuent inlassablement leur recherche de leur vérité golfique et la transmettent par leur attitude.

Le sport suprême

L’harmonie existe. Le swing universel existe. Il ne nous appartient pas. A nous de le deviner, de le décrire, de l’inscrire dans l’espace qui est le nôtre. La performance n’est pas, ici, affaire de courage mais de conscience, d’acuité spirituelle, d’éveil. La source profonde n’est pas commandée par le cerveau. C’est un gisement secret enfoui en nous au plus profond : cette immersion dans un instant où le swing se corrige tout seul en pleine exécution sous la pression. Pour moi, le golf est la discipline la plus difficile. C’est le sport suprême, le plus éprouvant qui vous met à nu tant du point de vue physique que psychologique et affectif. Réussir à avoir la conscience exacerbée de la position de la lame dans l’espace à plus de 250 km/h, qui confère une orbite presque mathématique, un alignement de tous les instants, à la constellation tournoyante de son swing, relève de Prométhée, d’Euclide, d’un ailleurs. Un coup lazaréen. Ce que j’ai dit, tenté de dire, c’est comme rentrer dans ma terre natale, pauvre et belle et tellement vraie. Je veux ici saluer la mémoire de mon grand-père.

                                                                                                                                                                                              Pierre-Jules GAYE


Où jouer dans l’Yonne ?

 

Golf de Clairis, Savigny-sur-Clairis (89150). 18 trous. Tél. 03.86.86.33.90. Golf du Roncemay, Chassy (89110). 18 trous et 3 trous d’entraînement. Tél. 03.86.73.50.50. Golf du Sénonais, Les Ursules, Lixy (89140). 9 trous. Tél. 03.86.66.58.46. Golf de Tanlay, château de Tanlay (89430). 9 trous. Tél. 03.86.75.72.92. Practice de golf de la communauté de communes du Sénonais, au Camp de César (Sens). La Fontaine aux Muses à la Celle-Sainyt-Cyr, 6 trous rustiques.